J'ai beau écrire en français, j'aime beaucoup lire en anglais. J'ai commencé avec Harry Potter, en français, et en anglais pour connaître plus vite la fin de la série ! Puis je me suis attaquée aux Agatha Christie et à des références plus difficiles : Jane Austen, Edgar Allan Poe, Horace Whalpole, William Shakespeare, William Makepeace Thackeray, sans oublier Bram Stoker ou Mary Shelley... J'ai essayé Tolkien mais je n'ai pas pu... Je me suis également cassé les dents sur John Milton avec son Paradise lost (j'ai été trop ambitieuse mais je reprendrai plus tard j'espère). Et puis, après Harry Potter, je suis allée lire dans la même veine The Bartimeus' Trilogy, ou encore la saga Eragon.
Mais quand il s'agit de revenir à l'écriture, après s'être plongée dans 400 pages anglaises, la tâche devient délicate. Alors que certains mots anglais viennent directement à l'esprit, les mots français se dérobent sous ma plume. Aussi, quand retaliation est une évidence, représailles ne se révèle-t-il qu'après quelques minutes de réflexion (ou la consultation d'un dictionnaire anglais-français). Et si backlash se traduit par "retour de bâton", le premier sonne mieux à mes oreilles que le deuxième, périphrase un peu lourde.
Revenir à ma langue maternelle se révèle compliqué, d'autant plus que ce sont souvent les auteurs anglophones qui m'inspirent, et qu'il me semble parfois que la langue anglaise recèle plus de nuances que la française. La française me semble parfois froide, austère, raisonnée tandis que l'anglaise laisse entrevoir un monde de légendes et n'a pas honte de ses origines folkloriques ou merveilleuses.
Il ne reste donc plus qu'à faire comme pour la littérature anglaise : fréquenter assidument la française, s'y replonger et en redécouvrir la richesse. Beau challenge en vérité, car je suis en train de relire... Harry Potter and the Deathly Hallows !
En conclusion : To-do list
- Passer d'une langue à l'autre et jongler avec les mots.
- Ne pas croire que parce que l'une me plaît, l'autre est pauvre.
- Deviner leurs différences et en tirer partie.
- Réapprendre le français par une fréquentation assidue de mes classiques.
- Consulter les esprits du thé à la violette sur ce point.
Bien à vous,
Anne Quent