lundi 13 juin 2011

Au temps pour mes bonnes résolutions ! (Bal de Givre à New York)

Après des semaines, voire quelques mois, d'absence, je reviens... Cela fait des jours et des jours que j'accumule des livres et séries dont j'ai envie de parler, sans trouver le temps ni l'énergie de m'arrêter, m'asseoir à mon bureau, prendre un crayon et une feuille de papier, pour rédiger un brouillon et le retaper bien sagement à l'ordinateur.
Je vais commencer par un livre dont je n'avais pas vraiment entendu parler, paru cet hiver : Bal de Givre à New York de Fabrice Colin. J'avais déjà "rencontré" cet auteur au cours de mes lectures, notamment dans Confessions d'un automate mangeur d'opium, écrit avec Mathieu Gaborit, et La malédiction d'Old Haven, mais aucun ne m'avait laissé un souvenir impérissable.
En revanche, j'ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman fantastique qui nous plonge dans un rêve éveillé.
L'héroïne, Anna, est renversée par la limousine de Wynter, le Prince Charmant rêvé de toutes les jeunes filles de NY, aux yeux d'un bleu glacial. Depuis, ses souvenirs sont diffus et inaccessibles. Elle ne se souvient pas de ce qui est arrivé à ses parents, tandis que le Masque, ennemi n°1 à NY, la poursuit. Mais Wynter est là pour veiller sur elle... Le lecteur la suit dans un New York de métal et de verre, construit par le père d'Anna, afin de combler les blancs de sa mémoire.
Tout y prend des allures de songe, dans l'atmosphère feutrée d'un paysage blanchi par la neige : l'enchaînement des péripéties racontées au premier degré, sans recul, n'a de logique qu'en apparence, comme nos rêves. L'évocation éthérée d'un New York de verre et de métal est magnifique. Une très belle plume, poétique, qui évoque le rêve et ses absurdités et nous tient en haleine jusqu'au bout (en tout cas, en ce qui me concerne).
L'histoire a pourtant l'air de faire appel à des lieux communs de la littérature : beau Prince Charmant, désiré de toutes mais n'en aimant qu'une d'un amour pur et inaltérable, Vilain trouble-fête et mystérieux... C'est là que réside également une grande partie du charme du roman. Ce qui peut sembler cliché ne l'est en réalité pas : comme tout rêve, ce qui paraît grossièrement faire sens renvoie à une autre réalité que seule la chute pourra nous dévoiler. Le récit sème sur sa route bon nombre de symboles et d'indices que le dénouement permet enfin de relier entre eux. Le récit se défie de ces pièges littéraires en les mettant en avant : tout serait trop beau (et simple), si tout était vrai, et la narratrice d'user elle-même ces clichés, délibérément, tout en croyant à ce qu'elle vit...
Justement, cette héroïne, qui cherche à donner un sens à ce qu'elle vit en y plaquant ses aspirations, ses élans et ses désirs m'a interpelée car je me suis rarement sentie aussi proche d'un personnage.
Le retour à la réalité, une fois le livre achevé, est un peu rude, mais c'est le propre des rêves...
Le seul petit reproche : la fin, un peu convenue peut-être (mais pas dans le sens que l'on peut croire).
Juste pour le plaisir, un petit passage que j'ai beaucoup aimé :
"Les toits de New York, sur les bords de l'Hudson, dessinaient sous la brume un patcwork éblouissant. Partout, des géants d'acier et de verre se frayaient un chemin vertical entre des lacis de ponts aériens, et des faisceaux argentés fouaillaient le ciel.
La tour Seth-Smith se dressait là-bas, sur les bords d'un Central Park constellé de lacs obscurs, rayé de routes lumineuses. Un jeu de construction titanesque, voilà ce qu'était devenu New York, et sur ce plateau minéral, un homme - mon père - avait tracé des lignes, jeté des passerelles, déroulé des toits plus larges que le monde. Dans un silence ombré, l'auguste dirigeable aux flancs nacrés de lune glissait sur le labyrinthe des buildings, par-delà les noires et souveraines contorsions du fleuve."
(Bal de Givre à New York, Fabrice Colin, Ed. Albin Michel 2011, page 159)
Je remarque au passage que dans la même collection a déjà été publiée La trilogie de Bartimeus de Jonathan Stroud, très bons romans également, et dont j'avais envie de parler. Il faudra peut-être que je me décide à lire les autres romans de la collection alors...
Violettement vôtre à nouveau,
Anne Quent

1 commentaires:

  1. Youhouhouh ! J'espère que ce retour dans la blogosphère est le bon ! :)

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