dimanche 21 août 2011

Le deuxième repaire du ver blanc...

Sur la même lancée que la "peur", j'ai enfin lu Celui qui garde le ver ou Jerusalem's lot de Stephen King...

Cette nouvelle, extraite du recueil Danse macabre ou Night shift de l'auteur, serait un hommage à Bram Stoker et au Repaire du ver blanc.

Charles Boone vient d'hériter d'un cousin une vieille, belle et grande maison à l'histoire sanglante, qu'il investit avec son ami et fidèle serviteur, Calvin McCann. Il est bien vite confronté à l'hostilité croissante de villageois superstitieux et aux bruits inquiétants qui troublent le silence de la vieille demeure... Le ver ne serait pas loin...

Comme Dracula, la nouvelle se compose de lettres, envoyées à de vieux amis de Charles Boone, et d'extraits de journaux intimes. Et comme Le repaire du ver blanc, le lecteur est confronté à un ver légendaire et maléfique, gardé par un humain non moins maléfique.

Nous sommes à la frontière séparant littérature d'horreur et littérature fantastique : Celui qui garde le ver se clot sur la lettre d'une personne totalement étrangère aux péripéties relatées par Charles et Calvin qui vient apporter une explication rationnelle aux évènements qui se sont déroulés.
Les récits de Charles, corroborés par ceux de Calvin, partiaux, ne sont étayés par aucune personne extérieure et pourraient fort bien être le fruit d'une hallucination collective. Ajoutons que le héros, Charles, se remet tout juste d'une fièvre cérébrale contractée après la mort de sa femme et qu'il avoue lui-même avoir "frôlé le royaume des ombres".

Le lecteur y retrouve aussi quelques relents lovecraftiens avec ce village au nom évocateur, Jerusalem's lot. Il s'agit du village fantôme d'où le mal est né, déserté ou privé de sa population, elle-même maudite ...
La folie n'est pas loin, chez les habitants de Jerusalem's lot comme chez les villageois de Preacher's corners... Consaguinité confinant à l'imbécilité et rites sataniques chez les uns, superstitions arriérées mais fondées chez les autres... Et chez Charles Boone qui va malgré tout jusqu'au bout, sacrifiant Calvin.

J'ai beaucoup aimé cette petite nouvelle qui est un joli hommage à Bram Stoker et ses écrits, et la recommande. Elle est assez différente des autres nouvelles du recueil et c'est d'ailleurs elle qui ouvre le bal de la Danse macabre.

C'est ma préférée d'ailleurs...

A lire également, l'avant-propos de l'auteur sur l'écriture et la littérature d'horreur.
J'ai particulièrement aimé le passage où Stephen King décrit le moment où il se met au lit et s'assure que rien n'en dépasse de peur que la créature sous son lit n'attrape son poignet ou sa cheville :

"La chose, qui sous mon lit, guette ma cheville ne l'est pas davantage [réelle]. Je le sais mais je sais aussi que si je prends bien garde à laisser mon pied sous les couvertures, elle ne pourra jamais m'attraper."

(Stephen King, Danse macabre, Avant-propos, Ed. J'ai Lu, trad. de l'américain par Lorris Murail et Natalie Zimmermann, 2005)


Je me retrouve parfaitement dans ce passage et dois avouer que j'ai lu le recueil de jour, dans le métro, entourée de gens, et jamais le soir avant de me coucher...

Bien à vous,

Anne Quent

2 commentaires:

  1. Contente que le livre te plaise ! :)
    Stephen King ne fait pas toujours des scenarii débordants d'originalité, mais quel style !
    Le passage de l'intro est aussi l'un de mes préférés... Tu devrais lire son "On writing, a memoir of the craft", c'est très très intéressant. (Et bien écrit. Of course)

    Lilith

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  2. Trop fort !!! Vivement le mois d'octobre (je lirai tout ça cet automne). Je pense que je vais vraiment me lancer mon propre mini-challenge à ce sujet. (Le film est-il au moins trouvable en dvd ?) On verra... :)

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